lundi 7 septembre 2015

Manifeste du Mouvement du 11 août 2015 : DES ASSISES NATIONALES AVANT LES ELECTIONS



La genèse
Le Mouvement du 11 Aout 2015 a pour origine : la digne réaction de la jeunesse comorienne lors des 9èmes Jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI). A La Réunion, lors de la cérémonie d’ouverture de ces jeux, la France a cru pouvoir piétiner la charte des JIOI, dans une énième tentative de valider subrepticement son annexion de l’île comorienne de Mayotte, en dépit du droit international. C’était sans compter sur l’esprit patriotique des athlètes comoriens, de leur encadrement et sur l’appui du gouvernement.

Si l’Etat comorien, par souci d’apaisement, a opté pour les mesures diplomatiques classiques envers l’Etat français, le peuple s’est rassemblé le 11 aout à la symbolique place de l’indépendance pour honorer le patriotisme de sa jeunesse. Porté par cet élan, Monsieur Ali Bazi Selim, un doyen infatigable de la politique, chargé de passé et ouvert à l’avenir, a lancé un vibrant appel à un sursaut national soulignant que le pays est au bord de l’abîme, qu’il doit par conséquent se rassembler et se parler avant la tenue des élections. Ainsi naquit le Mouvement du 11 août 2015 autour de la revendication fondamentale : DES ASSISES NATIONALES AVANT LES ELECTIONS

Le pays est à la croisée des chemins

Est-il possible de continuer cette descente aux enfers du pays sans un bilan des 40 ans d’indépendance? Cette analyse n’a pas été faite durant la célébration du 40ème anniversaire de l’indépendance le 6 juillet 2015. La perspective des élections après le tour de Ngazidja, Ndzuani et Mwali offre l’opportunité de se rattraper. D’autant que les textes fondamentaux du pays le recommandent. La loi organique N° 10-015 du 06 septembre 2010 qui institua l’ordre de la Tournante avait à juste titre situé Maore après Mwali. Un pays de droit peut-il ignorer cette disposition sans se renier ? Il convient enfin de rappeler que l’accord de Fomboni de 2001 instituant le Nouvel Ensemble Comorien et introduisant la Tournante dans le mode de fonctionnement du pays, avait préconisé un bilan de la Tournante après un tour complet avec ou sans Maore.
Les assises nationales s’inscrivent dans cette perspective et sont tout à fait compatibles avec le calendrier électoral proposé par la CENI.

Les enjeux
·       Le pays est devenu extrêmement vulnérable du fait :

o  D’une crise économique et sociale sans précédent produit par des pratiques généralisées et persistantes de corruption et de dilapidation des deniers publics
o  De la perspective de ressources nouvelles susceptibles d’attiser nombre de convoitises et d’exacerber les tensions existantes
o  D’institutions discréditées du fait de leur incapacité à apporter des réponses aux problèmes de subsistance quotidienne de la population (éducation, santé, électricité et eau, infrastructures de base, etc.)
o  D’un sens du service à la nation galvaudé, ne respectant aucun critère d’intégrité ni de compétence ni de sens de l’Etat

·       Le pays doit faire face à des menaces sur son existence même

o  Menaces sur l’unité nationale qui ont pour nom : indépendance inachevée, question de l’ile comorienne de Mayotte, montée du séparatisme insulaire.
o  Menaces sur la cohésion nationale qui traduisent l’absence de valeurs communes, la dégradation des usages et coutumes du pays
o  Menaces induites par une situation internationale dangereuse qui ont pour nom : terrorisme, réchauffement climatique de la planète, effets pervers de la mondialisation.

L’orientation du Mouvement
Les assises nationales seront celles de toutes les Organisations comoriennes et de toutes les Institutions de l’Etat comorien sans aucune exclusive. Elles doivent examiner l’ensemble des questions clé qui pèsent sur le devenir du pays et dessiner une nouvelle voie. Elles devraient s’articuler autour de deux grandes lignes :

Vérité et réconciliation

Le dernier acte national impliquant les quatre iles fut la consultation du 22 décembre 1974 qui consacra la volonté du pays d’accéder à son indépendance. Depuis Maore s’est éloigné, les coups d’Etat se sont multipliés, le recours aux mercenaires devint la règle, le séparatisme a pris des proportions insensées, la gestion du pays devint chaotique marquée par la corruption, le clientélisme, l’irresponsabilité et l’impunité. Il faut nous rassembler, nous dire la vérité, gratter les plaies, dénoncer les maux qui rongent le pays, poser des nouvelles bases et nous réconcilier autour d’elles.
Renaissance du pays
Il faut tirer les leçons des quarante ans d’indépendance : changer de cap dans la conduite des affaires du pays ; promouvoir une bonne gouvernance; définir un nouveau type de citoyenneté ; valoriser l’apport substantiel des Comoriens de l’extérieur afin de bâtir un Etat capable de résoudre les problèmes quotidiens de la population, d’offrir des perspectives aux jeunes et faire des Comores, un pays digne tourné vers le développement.
RASSEMBLONS-NOUS POUR OUVRIR
UNE NOUVELLE PAGE AU PAYS

De Kos à Mayotte : les drames des migrants



via : comoresdroit.c.o.pic.centerblog.net
La photo du petit corps sans vie de l'enfant syrien Aylan Kurdi, âgé de 3 ou 4 ans échoué sur une plage turque fait la une de tous les journaux du monde ce 3 septembre 2015. Les membres de la famille de cet enfant décédés également voudraient fuir la guerre qui sévit dans leur pays.   Leur embarcation a sombré quelque part au large de l'île de Kos en Turquie.

Au cours de cette même semaine, à 10 000 kilomètres de là, un adolescent de 17 ans, malade, meurt entre les bras de son père, dans une traversée entre Anjouan et Mayotte dans l'archipel des Comores, ce 3 septembre 2015. Le kwassa kwassa, ce bateau de fortune  qui transportait 25 migrants a échoué à Sada à Mayotte. Dans les iles indépendantes des Comores, les habitants ne fuient pas la guerre, mais la misère, le mal vivre, la déliquescence des services sociaux de base.

En juillet 2013, en déplacement sur l'île italienne de Lampedusa, le pape François avait fustigé "l'indifférence" du monde au sort des migrants dans leur quête d'une vie meilleure. "La culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d'autrui (...) aboutit à une globalisation de l'indifférence", a lancé le pape lors d'une messe. "Des immigrés morts en mer, sur ces bateaux qui, au lieu d'être un chemin de l'espérance, ont été une route vers la mort", a déploré le pape au début de son homélie, en comparant cette "pensée qui revient constamment" à "une épine dans le cœur qui provoque la souffrance". Le pape a appelé à "changer concrètement certaines attitudes". "Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous n'avons plus soin de ce que Dieu a créé", a-t-il ajouté. "Nos frères et sœurs cherchaient àsortir de situations difficiles pourtrouver un peu de sérénité et de paix, un endroit meilleur pour eux et leurfamille mais ils ont trouvé la mort", a-t-il encore souligné. "Qui est responsable du sang de ces frères et sœurs ? Personne ! Nous répondons tous ainsi : ce n'est pas moi, c'est sans doute quelqu'un d'autre (..) nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle."

Ce discours du Pape François n' a pas pourtant réveillé de leur somnolence les dirigeants européens qui continuent de fermer les yeux sur les drames de l' immigration clandestine  au large de l'Europe, mais aussi au large de l' autre ile qui est entrain de de devenir, l'une des principales portes d'entrée dans l'Union européenne pour les migrants, dans l' océan Indien, Mayotte. Ils continuent d'appliquer une politique répressive pour apporter des réponses à des questions humanitaires. 

Dans une tribune publiée au mois d'octobre 2012, l'ancien Secrétaire Général de la Commission de l'Océan Indien, Wilfrid Bertile avait fustigé la banalisation de l'horreur au large de Mayotte. Il avait qualifié la politique française de lutte contre l'immigration "d'inhumaine et de dangereuse".

A la mi-juin 2015, près de 7800 reconduites à la frontière ont déjà été effectuées à Mayotte dans le cadre de la lutte contre « l'immigration clandestine ». en 2014, près de 19 991 reconduites à la frontière ont été réalisées, soit le 10ème de la population de cette île. Et pour la première fois, cette année, le préfet de Mayotte a réquisitionné le détachement de la légion étrangère pour participer à une opération de lutte contre l'immigration clandestine. L'armée au secours de la Police de l'Air et des Frontières (PAF). Toujours, la répression et encore la répression. Et pourtant, cette politique répressive  n'arrêtera pas le  flot de plus en plus important  des migrants. Bien au contraire.

La photo du petit corps sans vie de l'enfant syrien Aylan Kurdi ouvrira-t-il enfin les yeux des dirigeants et élus européens  sur la nécessité de mettre fin à ces drames à répétition des migrants qui se déroulent au large de l'Europe et  de Mayotte par une politique humaniste et humanitaire ?

source : comoresdroit

Pénurie d'eau / Un pied sur terre et un autre dans la tombe


Pénurie d’eau / Un pied sur terre et un autre dans la tombeLa pénurie d'eau à Moroni perdure. De longues files d'attente comme un fleuve se forment autour de rares bornes fontaines qui distribuent le précieux liquide. Certains parlent de malédiction et même de châtiment divin.

Depuis le dernier mois de ramadan, Ngazidja est sujette à une grave pénurie d'eau. La semaine dernière, pourtant, le directeur général et le directeur de l'eau de la Ma-mwe annonçaient la fin du calvaire. Quelques jours après, les files d'attente reprenaient de plus belle devant les bornes-fontaines.

« Nous souffrons énormément. Je me suis levée à 6 heures du matin et ce n'est qu'à 11 heures que j'ai pu remplir mes bidons », a dit Moinahalima, la vingtaine, qui a fait le trajet depuis Itsandra, ville située au nord de la capitale, dix bidons à la main.

Youssouf Mohamed, un jeune de Mapvinguni, s'est rendu, lui aussi à Moroni, afin de s'approvisionner en eau. « On devrait prendre tous ces bidons, les ramener à la Ma-mwe et les brûler devant leurs yeux pour exprimer notre déception », a-t-il lancé.

Les bornes-fontaines sont prises dès les premières heures du jour. Certaines, de par leur emplacement, plus que d'autres. « Lassés des problèmes que nous cause la Ma-mwe, nous avons tendance à prier le bon Dieu pour qu'il leur inflige le pire. Peut-être qu'aujourd'hui, Dieu nous châtie. Si vous regardez bien, même la pluie ne tombe plus », a dit un passant.

Dans les réseaux sociaux, les internautes crient leur détresse. « Si tous les Comoriens pleuraient pendant quelques heures, nos larmes suffiraient à remplir toutes les citernes que compte ce pays. Nos larmes n'étancheraient pas notre soif mais nous laverions nos habits et préparerions le repas », a écrit une jeune femme.

A Vouvouni, les techniciens de la Ma-mwe s'activent. Cette fois, ce n'est pas la pompe qu'on change mais les fils électriques reliés aux pompes. « Ils sont grillés. Depuis dimanche, on a commencé le travail et même procédé à un essai, sans succès pour l'instant. On espère vite régler la situation », a déclaré Ali Soulé, le directeur de l'eau. En attendant, le peuple place plus ses espoirs sur la pluie que sur la Ma-mwe.

Mohamed Youssouf
Lagazettedescomores


Affaire- Handouli -Colas : les dessous d'une corruption organisée


Il ne se passe pas un jour sans que l'affaire de Handouli -Colas ne défraye pas la chronique. Selon les informations, le Village de Vanamboini, situé au Nord-ouest de la Grande-Comore, est dans un État de siège. Le gouvernement des nuls dont Houmedi Msaidie et Mamdou aux premières loges, ont ordonné l'arrestation arbitraire des cadres , des enfants et même des vieux de ce village, dans une brutalité policière en outrance.
Selon la Gazette des Comores, Des unités militaires et de la gendarmerie nationale sont venues à Vanamboini. Ils ont pillé les maisons, saccagées, vandalisées et volé et vidées les toutes maisons. Quelle honte pour un peuple musulman dans une période de mois saint de ramadan d'agir de telle manière.
L'origine de ces arrestations arbitraires, dans une période de mois saint de ramadan, est le feu qui s'est déclenché sur le site controversé de Handouli ravageant ainsi certains des engins destinés au forage et l'extraction des agrégats dans ce site pour les exporter au Mozambique par la société française Colas. Du coup, Houmedi Ali Msaidie , premier flic du pays et Mamadou, accuse le village de Vanamboini d'avoir planifié cet accident. Comment -on peut être idiot à ce point. Un accident de feu ça peut arriver à n'importe où et à tout moment. Mais pour le gouvernement comorien, ce n'est pas un accident. Accident c'est un accident, et bien non, au lieu de mener une enquête pour déterminer l'origine de ce incident, ils accusent et mettent en prison les gens de la localité.
La corruption organisée et les contrat les plus controversé
Le gouvernement comorien signait un contrat conjointement avec le Gouvernorat de Ngazidja, il y a quelques années, portant attribution d'une licence d'exploration d'agrégats dans site de carrière de Handouli situé dans ce même village.
Cependant, ce contrat recèle plusieurs zones d'ombres et a permis de mettre au grand jour des pratiques de corruption organisée et des attributions dépôt de vins systématiquement généralisé, par Colas jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.
Il y a d'abord Mouigni Baraka, gouverneur de Ngazidj, qui s'était d'ailleurs opposé à ce contrat avant de revenir sur sa parole. En effet, selon ma source sûre du ministre de l'Intérieur, Mouigni Baraka Said aurait reçu 32 % de pot de vins, soit 200 000€ de la part de Colas pour accepter de signer ce contrat.
Il y a ensuite le vice-président, Mamadou de la république enfant de la France et initiateur du projet, celui qui a vendu le site de Handiuli. Selon ma même source, Mamadou aurait reçu lui aussi 45% de pot de vin, soit 600 000 € de la part de Colas sur ce contrat.
Au lendemain de l'arrivée de Houmedi Msaidie en tant que ministre de l'intérieur, il paraît qu'il avait remis en cause lui aussi ce dossier mais selon un document secret du ministre de l'Intérieur, il a changé d'avis et il aurait reçu lui aussi 20% de pot de vin. On a pas pu avoir le montant exact. Mais la détermination de Msaidie depuis le début de cette affaire nous fait comprendre qu'il est aussi dans le coup. Il ordonne des arrestations et des perquisitions dans toutes les maisons sans cadre aucun légale. C'est une dérive autoritaire qui explique une fois encore le climat actuel du pays.
Affaire Boule-Mining LTD similaire
Cette affaire de Handouli rappelle l'affaire de "Boule-Mining -groupe LTD", une société occidentale d'exploitation de pétrole qui a reçu aussi une licence en toute illégalité pour explorer et exploiter les hydrocarbures pétrolières ses Comores sans aucun cadre légal ni respect des lois. On a appris que Boule Mining LTD s'est engagé en secret de financer la candidature de Mamadou en 2016. D'ailleurs, vous savez que moi que c'est Mamadou vice-président qui a signé le contrat sans que son collègue ministre de l'énergie chargé du dossier, Fouad Mhadji, ne soit pas au courant. Cette affaire Boule-Mining, a permis de comprendre que Mamadou aurait reçu là aussi 1 million d'euros de pot de vin de la part de cette société mais pas 300 000 € comme l'avait affirmé la presse locale.
La même source a précisé que le President de L'Union des Comores, Ikililou Dhoinine a reçu plusieurs millions d'euros sur ce dossier c'est dans ce contexte qu'il a donné son accord de principe mais on a pas pu avoir le montant exact là aussi. Vue le dossier et le domaine du pétrole, on comprend que c'est un enjeu majeur et des milliards qui sont eux -aussi en jeux.


par Nasra AHAMADA



Commentaire de Mustapha ABDOU RAOUF, source Facebook

MAMADOU A CHASSE UNE SOCIÉTÉ PANAFRICAINE QUI DEVAIT INVESTIR 71 MILLIONS DE $ POUR LE PORT DE MORONI, POUR IMPOSER BOLORE, UNE SOCIETE NEOCOLONIALE FRANCAISE CONNUE POUR SON DEGRE DE CORRUPTION EN AFRIQUE. IL LUI A CEDE LE PORT DE MORONI POUR UN INVESTISSEMENT DE 6 MILLIONS D'EUROS! LE MEME MAMADOU A CHASSE UNE SOCIÉTÉ TURQUE DE ROUTE DONT LE TRAVAIL A ETE SALUE PAR TOUTE LA POPULATION POUR IMPOSER UNE AUTRE SOCIÉTÉ NÉOCOLONIALE COLAS, QUI N'A PAS HESITE A IMPORTER DES OUVRIERS MALGACHES ALORS QUE DES JEUNES COMORIENS RECHERCHENT DU TRAVAIL.
MAMADOU & MOUGNI BARAKA DONT CE DERNIER EN TANT QUE GOUVERNEUR DE NGAZIDJA, ET RESSORTISSANT DE LA REGION D'ITSANDRA ONT SIGNE AVEC COLAS UN CONTRAT DE 10 POUR L'EXTRAIT DES MINERAIS SOUMARINS, PAYES A 13 HEURES LA TONNE... CE SCANDALE FAIT PERDRE A TOUT LE PAYS PLUSIEURS MILLIONS DE DOLLAR DE REVENUS POUR UN PAYS DEJA TRÈS PAUVRE... SI NOUS NE REAGISSONS PAS RAPIDEMENT, D'AUTRES SPOLIATIONS POURRONT VOIR LE JOUR RENDANT NOTRE PAYS ENCORE PLUS PAUVRE, PIRE ENCORE, ACCENTUER LA DÉSTABILISATION ET LA DIVISION DE NOTRE PAYS. VOUS ETES APPEL2S A MANIFESTER DEVANT LE SIEGE DE COLAS A PARIS LE 1ER OCTOBRE 2015 POUR METTRE FIN A CE PILLAGE A LA FRANCAISE DANS NOS PAYS!!!!

mercredi 2 septembre 2015

Une Caisse des dépôts pour l’émergence d’une économie de production

                Darchari MIKIDACHE                                                              ABDOU Katibou

Depuis la fin des années 1990, l’épargne des ménages comoriens n’a cessé de croître. Elle s’élevait à plus de 31 milliards de FC en 2013, selon la Banque centrale des Comores. Bien que les crédits accordés par les institutions bancaires aux agents économiques aient suivi une tendance haussière ces dernières années, force est de constater que
Depuis la fin des années 1990, l’épargne des ménages comoriens n’a cessé de croître. Elle s’élevait à plus de 31 milliards de FC en 2013, selon la Banque centrale des Comores. Bien que les crédits accordés par les institutions bancaires aux agents économiques aient suivi une tendance haussière ces dernières années, force est de constater que le financement de l’économie par ces institutions n’est pas, loin s’en faut, optimal. Ainsi, une très bonne partie des dépôts bancaires reste improductive, alors que les besoins en matière de financement des entreprises comoriennes sont criants. Ce faisant on ne peut forcément jeter la pierre aux responsables des institutions bancaires. Et pour cause ! En effet, le niveau de risque élevé caractérisé par un taux de créances douteuses plus élevé (18 à 20 %), l’incapacité des entrepreneurs comoriens à présenter aux banques des plans d’affaires cohérents et précis et surtout l’absence de mécanismes de partage des risques poussent les banques à rester méfiantes et donc frileuses en matière d’octroi de prêts. Par conséquent, les entreprises comoriennes peinent à emprunter les fonds nécessaires pour dynamiser leurs activités productives. Celles qui arrivent à fournir les garanties demandées sont confrontées à de multiples écueils : taux d’intérêt exorbitants (12,5 % en moyenne), délais de remboursement limités (2 à 3 ans), sommes octroyées très dérisoires, etc. Ce contexte difficile constitue un véritable goulot qui empêche l’émergence d’une vraie économie de production, alors que la demande des ménages comoriens, dopée en grande partie par les transferts des migrants, croît d’une décennie à l’autre. En conséquence, les Comores deviennent de plus en plus tributaires des produits importés au détriment de la balance commerciale structurellement déficitaire. Pour remédier à cette situation alarmante et relancer la production nationale, nous proposons et soutenons l’idée de création d’une « Caisse des Dépôts et de Développement des Comores (CDDC) ». Nous considérons que l’absence d’une telle structure est une aberration qu’il faudrait remédier au plus vite.
Activités principales de la CDDC
La Caisse des Dépôts et de Développement des Comores (CDDC) serait un établissement public ayant une large autonomie financière. Elle assumerait les missions d’un investisseur avisé et contracyclique au service de l’intérêt général. Bras financier de l’État, la CDDC permettrait au gouvernement comorien de se servir de l’épargne nationale comme levier pour une croissance soutenue, inclusive, créatrice d’emplois et de richesse. À cet égard, elle sera chargée des missions suivantes :
Accompagner les entrepreneurs à accéder aux financements dont ils ont besoin pour accroître leurs activités productives : formations, contrôles et assistance technique, etc.
Collaborer avec les institutions financières nationales et internationales pour gérer et fructifier en toute sécurité l’épargne nationale et les transferts de fonds des migrants afin de soutenir la production nationale et somme toute de réduire la dépendance de l’Union des Comores aux produits importés.
Création de plusieurs fonds de garanties à son sein pour rassurer les institutions bancaires et les inciter à financer de manière optimale l’économie comorienne : fonds de garantie pour les investissements de la diaspora, un autre pour les PME, un méga fond pour les investissements stratégiques (agriculture, nouvelles technologies, infrastructures, etc.).
Financer les investissements stratégiques et structurants à long et à court terme dans les secteurs clés de l’économie comorienne, et ce de manière individuelle ou dans le cadre d’un partenariat avec des investisseurs privés nationaux et internationaux.
Retombées socio-économiques
Les retombées socio-économiques d’une telle structure sont considérables. Tous les agents économiques en tireraient profit, si celle-ci est gérée à bon escient. De prime abord, sa mise en place inciterait les banques à baisser leurs taux d’intérêt, à rallonger le délai de remboursement, à octroyer des sommes conséquentes permettant aux entrepreneurs comoriens de disposer à bas prix de fonds nécessaires pour leurs activités productives. Et c’est d’autant que l’existence des fonds de garantie au sein de cette structure réduirait le taux des créances douteuses, ce qui pourrait contribuer à augmenter le taux de bancarisation de la population au profit des institutions bancaires. Toutes choses égales par ailleurs, un tel climat assaini aboutira à l’émergence d’une économie de production et par effet de ricoche à une croissance économique forte au profit de toutes les couches sociales de la population. Quant à l’État, il fera d’une pierre deux coups. D’une part, il élargira son assiette fiscale, ce qui se traduira par une hausse de ses ressources financières. D’autre part, il pourrait résoudre l’épineux problème de chômage des jeunes. Car, certes, cette population jeune et qualifiée (plus de 7 000 étudiants à l’Université des Comores en 2015 et plus du double, voire le triple à l’étranger) constitue en soi une immense richesse pour notre jeune nation, mais elle représente aussi la plus grande menace pour sa cohésion sociale si les autorités politiques ne créent pas les conditions nécessaires permettant l’insertion de ces jeunes cohortes dans le marché du travail. En outre, la création de cette caisse permettrait aux autorités comoriennes d’être plus autonomes pour financer des investissements stratégiques et structurants qui contribueraient à mettre les Comores sur les rails du développement.
Les caisses des dépôts ont le vent en poupe dans les pays en développement
Aux années 1990, les in Institutions de Bretton- Woods (FMI, Banque mondiale) furent farouchement opposées au maintien et à la création de ces structures dans les pays en développement. Ayant constaté que ces caisses sécurisent et mobilisent l’épargne nationale au service du développement, celles-ci furent contraintes de reconsidérer leurs positions au milieu des années 2000. De nos jours, elles ne s’opposent plus à leur mise en place. C’est ainsi qu’un bon nombre de pays africains (Tunisie, Gabon, Mauritanie, etc.) ont d’ores et déjà créé chacun leurs structures. D’autres (Togo, Cameroun, Burkina-Faso, Madagascar, etc.) pensent à en créer pour soutenir leurs économies respectives afin de résorber le chômage des jeunes et, par voie de conséquence, de lutter contre la pauvreté des ménages terreau des extrémistes de tous bords.
Darchari MIKIDACHE, inspecteur des finances publiques, président du think tank « Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) » – Paris.
Et Docteur ABDOU Katibou, enseignant vacataire d’économie à l’Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne.

mardi 1 septembre 2015

CRIME ÉCONOMIQUE : ENSEMBLE DEMANDONS LE RETRAIT


LA LEVEE DE LA SUSPENSION DE LA VENTE DU CIMENT IMPORTÉ PAR LAFARGE EST ILLEGALE ET EST  DE NATURE A PORTER ATTEINTE AUX INTERÊTS ECONOMIQUES COMORIENS EN GENERAL ET CEUX DES OPERATEURS ECONOMIQUES NATIONAUX.

«   Ensemble demandons le retrait de cette décision   »

Le Gouvernement de l’Union des Comores a par décision N°15-138 en date du 17Août 2015, a ordonné la levée de la suspension de vente du ciment importé par LAFARGE Comores et COFIPRI sans pour autant qu’un changement de conditions de suspension ne soit apporté parles sociétés écopant ladite suspension.

La décision prise par le Gouvernement de l’Union des Comores portant suspension de la vente du ciment importé par LAFARGE COMORES était bien fondée du fait que ce dernier a violé les dispositions pertinentes de la Convention signée à l’an 2013.

Cette suspension était fondée du fait qu’à l’origine, LAFARGE Comores avait soumis un projet portant sur la Création d’une Usine de Fabrication de Ciments dès l’année 2014 avec l’association de matériaux locaux et dont la finalité est de produire 100.000 Tonnes de la  quantité de Ciments à compter de l’année 2014 tout en créant 2000 Emplois.

Le plan d’exécution et d’exploitation présenté par LAFARGE ne serait ce que celui prévu pour être exécuté au titre de l’année d’exercice 2014 n’a pas été respecté et aucune garantie d’exécution n’a été à ce jour mise en évidence ce qui a obligé l’autorité compétente de prendre la mesure de suspension de toute activité de vente du ciment importé car contrairement à la Convention LAFARGE ET COFIPRI tentaient de tromper la vigilance du Gouvernement en violant les dispositions conventionnelles d’une part et d’autres part ces deux opérateurs se sont fixés comme deuxième objectif de faire disparaitre dans la scène  les importateurs du ciment comoriens sur la scène économique nationale.

Dans la pratique, l’Etat comorien a constaté que contrairement à ce que LAFARGE COMORES avait proposé comme forme de solution destinée à résoudre les problèmes  liés à la crise économique et à la crise d’emplois et autres projets de construction de bâtiments en vue d’une économie de développement, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une histoire montée de toute pièce et qu’aucune garantie d’exécuter strictement les clauses conventionnelles de la part de LAFARGE ET COFIPRI, l’Etat comorien avait bon droit de suspendre leurs activités  suite aux mensonges et autres manquements graves constatés.

Aucune amélioration des conditions ayant motivé la suspension n’a été apportée par LAFARGE COMORES  pour qu’une autre décision relative à la levée de la suspension n’intervienne, La Vice Présidence par le biais de la Délégation Chargée de l’Economie du Commerce Extérieur et des Privatisations a jugé nécessaire d’ordonner la levée de la suspension sans juste motif  mais seulement pour des raisons fallacieuses.

La Vice-présidence chargée de l’Economie et du Commerce Extérieur et des Privatisations de l’Union des Comores a opté pour l’extermination totale des opérateurs économiques (Importateur du Ciment) comoriens au profit d’un Opérateur étrange.

La décision prise par  Délégation de la Vice- présidence Chargée de l’Economie du Commerce Extérieur et des Privatisations  relative à la levée de la suspension n’a d’autre signification que  celle de mettre en difficulté les opérateurs économiques comoriens afin de privilégier un opérateur étranger qui n’apportera aucune contribution à la politique de création d’emploi pour espérer renverser la courbe de la montée en puissance du Chômage en permanence d’une part et au défi du développement durable tant recherché d’autre part. La Levée de la suspension est un crime pour les opérateurs locaux.

 LAFARGE est réellement en mesure d’atteindre l’objectif  fixé afin de répondre aux attentes du Gouvernement donc de la population comorienne en générale, celle de créer une usine et d’activités génératrices de revenus ?

 Où est le rapport établi ayant motivé la levée de la suspension ?

Ce rapport est-il communiqué et connu par le grand public ?

Quel sort réservé à nos compatriotes du fait que LAFARGE ne fait qu’exercer les mêmes activités économiques que ceux pratiquées par les opérateurs comoriens c'est-à-dire celles de la commande et de la vente du ciment aux comoriens ?

Quelles sont les reformes économiques nouvelles apportées par LAFARGE comores au point d’asphyxier les commerçants comoriens ?

Peut-on admettre l’idée selon laquelle que l’objet de la levée de la suspension prise par le Gouvernement comorien est d’ordre politique et non porteur d’espoir à l’endroit de la population surtout en cette période décisive que les Comores traversent ?


 Quelles sont les motivations réelles de cette levée de suspension alors qu’aucune amélioration des conditions posées n’a été observée par LAFARGE  COMORES ?

Ces interrogations ne sont pas innocentes et attendons-nous au Gouvernement comorien de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour rétablir l’ordre juridique, social et économique bafoué en annulant avec effets immédiats la décision N° N°15-138 en date du 17Août 2015 pour manque de motivations et de base légale d’une part et d’autre part parce qu’elle porte atteinte aux intérêts économiques de opérateurs nationaux.

Nous renouvelons encore une fois notre solidarité à l’endroit des opérateurs comoriens pris pour cibles par la Vice-présidence de l’union des Comores et par la Délégation Chargée du Commerce Extérieur et des Privatisations.

La principale question pour laquelle les opérateurs Comoriens souhaitent obtenir une réponse est : du ciment au chrome 6 a bien été vendu par Lafarge Mayotte, la commercialisation a-t-elle été réalisé en connaissance de cause ? En clair, le directeur pays savait-il qu'il vendait du chrome 6 interdit ? Et la réponse est fondamentale, car si telle était le cas, une concurrence déloyale pourrait être dénoncée.

Vendre du ciment non traité et donc moins cher aurait permis à Lafarge d'emporter plus de marchés à Mayotte .

En ce qui concerne la mise en danger d'autrui. Le stock avait été saisi et mis sous scellés avec à la clef une information judiciaire ouverte et le déclenchement d'une instruction. Mais en cherchant bien, il se serait avéré que toute la production LAFARGE n'est pas répondu aux exigences réglementaires.

Il faut  entreprendre des actions légales nécessaires qui s’imposent pour que cette mesure de levée de suspension prise par erreur soit retirée.

Maître AHAMADA MOHAMED BACO

Pénurie d’eau / Un pied sur terre et un autre dans la tombe


La pénurie d’eau à Moroni perdure. De longues files d’attente comme un fleuve se forment autour de rares bornes fontaines qui distribuent le précieux liquide. Certains parlent de malédiction et même de châtiment divin.


Depuis le dernier mois de ramadan, Ngazidja est sujette à une grave pénurie d’eau. La semaine dernière, pourtant, le directeur général et le directeur de l’eau de la Ma-mwe annonçaient la fin du calvaire. Quelques jours après, les files d’attente reprenaient de plus belle devant les bornes-fontaines.

« Nous souffrons énormément. Je me suis levée à 6 heures du matin et ce n’est qu’à 11 heures que j’ai pu remplir mes bidons », a dit Moinahalima, la vingtaine, qui a fait le trajet depuis Itsandra, ville située au nord de la capitale, dix bidons à la main.

Youssouf Mohamed, un jeune de Mapvinguni, s’est rendu, lui aussi à Moroni, afin de s’approvisionner en eau. « On devrait prendre tous ces bidons, les ramener à la Ma-mwe et les brûler devant leurs yeux pour exprimer notre déception », a-t-il lancé.

Les bornes-fontaines sont prises dès les premières heures du jour. Certaines, de par leur emplacement, plus que d’autres. « Lassés des problèmes que nous cause la Ma-mwe, nous avons tendance à prier le bonDieu pour qu’il leur inflige le pire. Peut-être qu’aujourd’hui, Dieu nous châtie. Si vous regardez bien, même la pluie ne tombe plus », a dit un passant.

Dans les réseaux sociaux, les internautes crient leur détresse. « Si tous les Comoriens pleuraient pendant quelques heures, nos larmes suffiraient à remplir toutes les citernes que compte ce pays. Nos larmes n’étancheraient pas notre soif mais nous laverions nos habits et préparerions le repas », a écrit une jeune femme.

A Vouvouni, les techniciens de la Ma-mwe s’activent. Cette fois, ce n’est pas la pompe qu’on change mais les fils électriques reliés aux pompes. « Ils sont grillés. Depuis dimanche, on a commencé le travail et même procédé à un essai, sans succès pour l’instant. On espère vite régler la situation », a déclaré Ali Soulé, le directeur de l’eau. En attendant, le peuple place plus ses espoirs sur la pluie que sur la Ma-mwe.

Mohamed Youssouf
HZK